5 DECEMBRE 2008
 
 
1990 - 1989 - 1986 - 1983 - 1975
1971 - 1970 - 1968 - 1967 - 1965 - 1939
 
 

CHÂTEAU D'YQUEM 1990 (?)


Couleur or dense.

Arômes très confits, sur l'abricot.

L'élevage se ressent avec des notes fumées.

On perçoit aussi une touche d'acétone.

Le vin est une grande liqueur riche et concentrée.

C'est un Yquem en puissance, encore beaucoup trop jeune.

Dès l'olfaction et jusqu'en finale, une certaine rusticité gênante occulte très légèrement ses énormes qualités: cette bouteille n'est pas vraiment parfaite.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1989 (****)


Couleur or qui tire très légèrement sur l'ambre.

Nez délicat, tout en finesse.

Beaucoup de complexité: fleurs jaunes, vanille, crème brûlée.

On pense aussi à du Cognac.

Le vin est concentré mais pas lourd, avec beaucoup de tonus et de fraîcheur.

L'harmonie des composantes acides et sucrées est parfait.

C'est un Yquem d'élégance promu à un brillant avenir.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1986 (*****)


Couleur or qui tire très légèrement sur l'ambre.

Les arômes sont très amples et ouverts.

On y trouve le fameux "rôti" du botrytis avec des raisins de Corinthe et un peu de Whisky.

En bouche, on sent un vin équilibré qui commence à déployer ses qualités et sa complexité.

Il est très doux et volumineux, mais une splendide acidité mentholée lui octroie une fraîcheur peu commune lors de la très longue persistance.

Un grand Yquem fait pour durer.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1983 (*****)

Splendide couleur or ambré.

Le nez, très ouvert et explosif, est un déferlement de vagues fruitées.

On y sent des fruits exotiques comme l'ananas et de l'écorce d'orange.

Le vin est d'une densité extrême.

La merveilleuse douceur est compensée par une acidité "affolante" sur le citron vert et la menthe.

La longueur est infinie.

La perfection en ce moment et pour longtemps.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1975 (*****)

Couleur or bien ambré.

Le nez, très noble, est d'une grande complexité.

On sent le début des arômes tertiaires (humus) qui s'allient aux notes aromatiques des Riesling allemands.

La bouche développe une fantastique panoplie de goûts qui se marient à merveille: menthe, sucre candi, raisin de Corinthe, orange,...

Une petite oxydation a accéléré la maturité de cette bouteille et développé des notes de grands Tokay (certains ont moins apprécié ce style que moi).

Un Yquem de grande persistance, vivant, très dense et vif.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1971 (*****)

Couleur or ambré.

Les arômes s'expriment sans retenue car le temps a accompli son oeuvre: fruits confits, champignons, malt, épices, safran...

Le vin est une pure délicatesse.

Le sucre candi très fin est accompagné par des notes mentholées et un magnifique minéral "aromatique".

Sa structure remarquable n'est pas imposante.

Peut-être à son apogée: un pur plaisir d'épicurien!

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1970 (***)

Couleur or ambré.

Nez très complexe et ouvert: crème pâtissière, fruits confits, raisins secs, abricots... une touche empyreumatique s'y rajoute.

Le vin est d'une rondeur sensuelle à l'attaque.

Il est étonnamment riche et ample.

La finale est déséquilibrée par l'alcool.

Deux autres bouteilles bues quelques temps auparavant étaient vraiment fantastiques.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1968 (*)

Couleur or ambré.

Les arômes annoncent un vin assez évolué sans grande densité.

Notes boisées et fumées quelque peu rustiques.

Le vin semble issu d'une récolte simplement surmaturée.

Certainement une année peu favorable aux liquoreux.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1967 (*****)

Couleur or magnifiquement ambré.

Arômes très amples et développés avec une délicatesse incroyable.

Complexité fantastique: crème fouettée, fruits confits, mirabelle, caramel au lait, figue...

La bouche est d'une harmonie parfaite avec une grande structure.

Il est très long et concentré, sans lourdeur.

Un Yquem de charme avec une douceur exquise.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1965 (***)

Couleur or avec une touche ambrée.

Arômes de récolte très surmaturée, mais pas "rôtie".

Notes de pomme verte et de pain d'épice.

Le vin est rond, riche et velouté, avec une sucrosité flatteuse.

La belle acidité lui octroie une fraîcheur bienvenue.

Le côté aromatique des grands Riesling allemands est présent du début à la fin.

Un Yquem peu habituel, très agréable.

   

CHÂTEAU D'YQUEM 1939 (*****)
(bouchon d'origine)


Couleur ambre foncé.

Nez complexe et très plaisant: massepain, chocolat, café froid, mandarine,...

Le vin est d'un grand équilibre et d'une finesse extrême.

La douceur est tout simplement délicieuse.

On ressent aussi un magnifique boisé noble et fin.

Sa distinction est plus marquante que sa structure.

La finale est soutenue par une acidité de citron vert et par l'acidulé des Riesling allemands.

Aucun vieillissement négatif .

   
 

CONCLUSIONS

Déguster de l'Yquem est toujours un événement de taille. Son style considéré comme uniforme est pourtant bien sensible aux millésimes.

- Yquem 1990 est manifestement un grand millésime riche et concentré lorsque la bouteille est parfaite.

- Yquem 1989 est plus délicat que le 1990. Il s'impose par sa pureté et son harmonie. Ne lui octroyer que 4 étoiles aujourd'hui, c'est présager quel niveau il atteindra demain.

- 1986 et 1983 sont (comme 1990) de très grands représentants d'Yquem riches et concentrés. La bouteille de 1983 a marqué tous les convives par sa perfection. Ce fut pour plusieurs le vin marquant de la soirée.

- 1975 est toujours, pour moi, le plus grand millésime d'Yquem depuis 1967. La bouteille de cette soirée était plus évoluée que d'autres, mais extrêmement plaisante.

- Yquem 1971 est merveilleux à l'heure actuelle. Sa délicatesse est absolument charmante.

- Yquem 1970 est un millésime très bien constitué. La bouteille de cette dégustation n'était pas au niveau présumé.

- L'Yquem 1968 ne fut certainement pas conçu dans la facilité. Son potentiel était assez faible dès le départ.

- L'Yquem 1967 continue sa glorieuse et interminable carrière.

- Yquem 1965, millésime peu estimé, est une fort agréable surprise.

- L'Yquem 1939 a tout pour plaire. Il démontre qu'une structure imposante n'est pas une condition obligatoire pour obtenir de grands liquoreux de garde.

Etaient présentés aussi les millésimes 1988 (bouchonné) et 1976 (deux bouteilles bouchonnées). Si l'on tient compte de la bouteille de 1990 pas parfaite et d'une 1970 discutable, on totalisera 5 bouteilles "déficientes" sur 14 ouvertes! C'est absolument affligeant!