25 MAI 2002
TOUR LOMBARDE A CONTHEY / SION / SUISSE

La célèbre famille Antinori a fêté, en 1985, six cents d'activités consacrées au vin. 26 générations se sont ainsi succédées, pour créer un "vaste empire à la gloire du vin" renommé dans le monde entier.

L'entreprise est tournée résolument vers la qualité et l'innovation depuis la fin des années 1960. Elle est dirigée maintenant par le Marquis Piero Antinori.

Le centre des activités est situé, tout simplement, dans le "Palais Antinori", au coeur de Florence.

Les vignes du Solaia sont situées, idéalement, en plein centre du fameux Chianti Classico, 30 km au sud de Florence.

Solaia et Tignanello font partie du vaste domaine "Santa Cristina", propriété des Antinori dès le 18ème siècle.

Les vignobles contigus de Tignanello (47 ha, 80% de Sangiovese, 15% de Cabernet Sauvignon, 5% de Cabernet Franc)
et de Solaia sont indissociables. Leur altitude se situe entre 350 et 400 mètres.

Le Solaia, 10 ha, est composé de 80% de Cabernet Sauvignon, de 20% de Sangiovese, et de 5% de Cabernet Franc.

Le premier Solaia fut le 1978. Il n'est produit que dans de grandes années. 1980, 1981, 1983, 1984 et 1992 n'ont pas
donné de Solaia.

Le vin est élevé durant environ 14 mois en barriques, et attend 12 mois en bouteilles avant d'être commercialisé.

SOLAIA 1998
Couleur rouge-vif très pur. Le nez est très complexe et distingué, la perfection du fruit indique une récolte levée au bon moment, le boisé est magnifiquement vanillé...En bouche, c'est toujours aussi parfait au niveau du fruit. Le vin est droit, typé et complexe, avec une note orangée très caractéristique de ce cru. Les tannins sont nobles et fins, la finale est suave et cristalline. La parfaite maîtrise de la vinification n'a pas du tout affecté la personnalité de l'ensemble. Une harmonie telle que le palais devient un "palace" pour cet hôte exceptionnel.
 
SOLAIA 1997
Couleur rouge-rubis profond. Le nez, d'une densité extraordinaire, est déjà velouté. On y ressent un fruit concentré et mûr, avec du bois doux, de la réglisse et de la vanille bourbon. L'aspect orangé est plus discret que dans le 1998. Quelque chose nous fait penser à la forêt de pin et d'olivier. Le vin est marqué par une grande concentration d'ensemble, avec des tannins très puissants. La finale est très longue. Ce 1997 est un vin grandiose, de style plus international que le 1998, avec une plus grande puissance. Certains amateurs (comme moi) préféreront la nature "plus vivante" et "plus italienne" du 1998, et d'autres avantageront la densité et le volume du 1997.
 
SOLAIA 1996
Couleur rouge-noir profond. Nez très fruité et élégant au début. Avec l'ouverture, le boisé semble moins fin et le vin plus austère. L'écorce d'orange se ressent fortement, avec des aspects "forestiers". En bouche, le fruit reste vif et frais, mais avec des tannins un peu rudes. Le vin est très bon dans l'ensemble, mais il lui manque le velouté qui le rendrait excellent.
 
 
SOLAIA 1995
Couleur rouge profond et dense. Au nez, c'est l'exubérence italienne, alliée au caractère aristocratique toscan, qui nous fait partir dans un monde de plaisir! L'ensemble est très complexe, avec le fruit élégant et plein, le poivron rouge à l'huile d'olive, l'écorce d'orange, le bois de cèdre... Le vin est très volumineux, avec un gras exceptionnel et un fruit charnu à souhait. Ce n'est qu'après une très longue rétro-olfaction que l'on ressent les tannins puissants qui rafermissent la bouche, prouvant ainsi le potentiel de garde de ce grand vin.
 
SOLAIA 1994
Couleur rouge-noir dense. Nez vraiment complexe, avec du fruit noir (cerise), de la vanille bourbon, du nougat et du chocolat; un léger volatil intensifie les arômes. L'ensemble est vivant et joyeux, d'une grande vérité. Le vin est velouté jusqu'à être soyeux. Le gras enrobe de manière exceptionnelle la forte acidité. Tout est là pour faire plaisir au "jouisseur" du vin. C'est un véritable cadeau doté d'une longue finale. Cette fameuse nature ne plaîra cependant pas aux "techniciens", car la personnalité du vin surpasse tout aspect "technologique".
 
SOLAIA 1993
Couleur rouge dense, avec le disque un peu tuilé. Nez de fruit mûr et tendre, caramel au lait, avec un aspect un peu végétal et poivron vert. Le vin est de densité moyenne, un peu simple, et semble avoir déjà passé son apogée.
 
 
SOLAIA 1991
Couleur rouge-noir. Nez de fruit très mûr, sur la myrtille, côté champignon, humus, fumé. Le vin est gras et rond, de style ancien, assez moyen dans la structure. Une nature simple, mais vraie. Ne plus attendre.
 
SOLAIA 1990
Couleur rouge-noir foncé, avec le disque légèrement tuilé. Bien qu'on devine une petite surmaturité qui donne de l'ampleur, le fruit est parfait au nez, tout en élégance. L'aspect typiquement orangé est bien présent. Un très léger volatil intensifie les arômes, et les rend plus complexes. L'âge lui confère beaucoup de classe. Tout cela est puissant, mais sans lourdeur. Le vin est onctueux avec un fruit jeune encore. Les tannins sont exceptionnels. C'est un vin d'anthologie, avec un grand potentiel de garde.
 
SOLAIA 1989
Couleur rouge un peu tuilé. Au nez, on sent une maturité assez avancée, avec des aspects cuir, animal, bois doux, humus, et un côté mentholé. Le vin est un peu fané malheureusement. Il finit sur une note sèche et a peu de persistance.
SOLAIA 1988
Couleur rouge assez tuilé. Nez de récolte très mûre, eau-de-vie de kirsch, boisé présent, assez rustique. Le vin est puissant, mais les composantes fruitées sont dominées par un alcool intempestif.
   

SOLAIA 1985

Couleur rouge-rubis dense. Nez d'une complexité inouïe. Le fruit parfait s'allie merveilleusement à la vérité du terroir.

L'aspect orangé est encore très frais. Le bois noble se ressent, ainsi que les épices orientales, et le massepain.

Le vin est doté d'une énorme concentration. Le fruit est velouté et charnu au point d'enrober parfaitement les tannins puissants et la forte acidité.

Un géant que l'on boira encore longtemps si on a le bonheur d'en posséder quelques bouteilles.

 

CONSIDERATIONS GENERALES
Le Solaia est, depuis ses débuts, le supertoscan que je préfère (je mets à part le Sassicaia 1985), car il ne peut désavouer son origine, et reste profondément italien dans tout son être. Son fruit est constamment exubérant, mais l'ensemble révèle invariablement beaucoup de distinction. C'est peut-être dû à sa situation géographique dans le coeur de l'un des plus fabuleux vignobles du monde: le Chianti. Un autre élément me fait énormément plaisir: la régularité du style du Solaia ne va pas de pair avec une régularité des millésimes. On constate que les conditions particulières de chaque année ont fortement influencé le vin mis en bouteille. Au contraire de beaucoup de concurrents, la techonologie ne semble pas avoir tout régularisé, créant ainsi une uniformité ennuyeuse. J'ose espérer que le futur ne nous décevra pas, et que l'on évitera de vouloir faire toujours du 1997! De par le pur plaisir hédoniste que cette dégustation m'a apporté, je considère cette verticale de Solaia comme enthousiasmante.

Manifestation organisée par Monsieur Pierre Devanthéry  dans le cadre des "Légendes d'Automne"
 
***** SOLAIA 1985, SOLAIA 1990, SOLAIA 1995, SOLAIA 1998

**** SOLAIA 1997, SOLAIA 1994

** SOLAIA 1996

* SOLAIA 1988, 1989, 1991, 1993