VERTICALE CHÂTEAU MONTROSE

1986 1975 1964 1961 1959 1945 1937
1934 1929 1906 1898 1893 1888

27 juin 2013

Hôtel Bristol / Paris

CHÂTEAU MONTROSE 1986 (****)
Au nez, belle présence et caractère.
C'est un "classique" avec de la complexité: fruits noirs, cuir, terre humide.
Vin droit et pur avec une trame serrée, sans richesse excessive.
Belle acidité en finale.

CHÂTEAU MONTROSE 1975 (****)
Arômes élégants et racés, sur les fruits rouges.
Vin corsé avec une attaque onctueuse.
Les tannins resserrent un peu la finale.
Vin de caractère sans concession.

CHÂTEAU MONTROSE 1964 (*****)
Nez ample avec de la noblesse.
Le fruit est très mûr.
La note tertiaire est subtile (humus, sous-bois).
La bouche est onctueuse à l'attaque avec une chair à croquer.
Il a aussi une belle "tension".
Magnifique acidité citronnée sur la finale.
Très belle densité et beaucoup de longueur.

CHÂTEAU MONTROSE 1961 (***)
Arômes de maturité un peu rustiques sur le cuir-animal.
Vin charnu et fruité avec des tannins forts et une acidité élevée.
Il lui manque le panache et la densité qu'on attend d'un 1961.
J'ose croire à une bouteille pas parfaite.

CHÂTEAU MONTROSE 1959 (*****)
Au nez, il y a beaucoup d'ampleur et d'élégance.
Le fruit sur mûr est resté très jeune.
La complexité passe par des notes de tabac, de bois exotique, de café et de nougat.
A l'attaque, le vin a une douceur d'une grande sensualité.
A l'évolution, le fruit charnu continue d'enrober parfaitement des tannins somptueux et une acidité vivifiante.
Longueur et concentration exceptionnelles.

CHÂTEAU MONTROSE 1945 (*****)
Au nez, le style puissant, fort et racé du millésime ressort immédiatement.
On est en présence d'une grande personnalité.
Une touche de bois exotique (santal) lui procure de la noblesse.
Vin très charnu à l'attaque, presque visqueux.
Dès l'évolution, une magnifique acidité lui octroie une superbe "tension".
Vin monumental d'une longueur extrême.

CHÂTEAU MONTROSE 1937 (**)
Arômes viandés assez rustiques et caractère marqué.
L'élégance n'est pas son point fort.
Petite note végétale.
On ne se sent pas spécialement à Bordeaux.
Vin doux à l'attaque, mais l'acidité prend rapidement le dessus.
Un peu simple et court.
Bouteille parfaite? J'en doute.

CHÂTEAU MONTROSE 1934 (*****)
Au nez, on est dans l'élégance et la finesse d'un Bourgogne.
C'est impressionnant de précision et de pureté, mais il y a aussi de la puissance et de la force sans que cela soit "lourd".
Vin de haute expression, charnu mais frais.
Le gras enrobe les composantes jusqu'au bout La finale est une queue de paon.

CHÂTEAU MONTROSE 1929 (*****)
Au nez, on a l'élégance d'un Bourgogne avec une grande densité.
C'est exotique et exubérant.
Vin doux qui semble hors d'atteinte du temps.
Le fruité part sur la cerise rouge.
C'est un jus fantastique.
La finale est parfaite de finesse et de jeunesse.

CHÂTEAU MONTROSE 1906 (***)
Arômes très fins de moka, de champignons et de crème fouettée.
A l'ouverture, la confiture de fraise ressort.
Vin riche en alcool avec des tannins un peu rustiques.
L'acidité est mordante en finale.
Le style fait penser à une vinification avec les rafles.

CHÂTEAU MONTROSE 1898 (***)
Nez de fraise des bois avec de la fougère.
Touche boisée intéressante.
Il y a un tout petit peu d'acidité volatile, mais elle n'est pas gênante.
Vin droit et vif avec une structure moyenne.
L'ouverture lui donne un peu du volume de bouche.

CHÂTEAU MONTROSE 1893 (****)
Nez assez noble et élégant avec un fruit bien mûr.
Notes de chocolat et de caramel.
La douceur plaisante de l'attaque lui donne de la sensualité.
Finale fraîche avec une belle longueur.

CHÂTEAU MONTROSE 1888 (***)
Arômes de petits fruits rouges très purs et fins.
Densité remarquable.
La "présence" est moins forte en bouche qu'au nez.
Vin très fruité mais marqué par une acidité élevée.
La longueur est moyenne et l'ensemble un peu simple.

CONCLUSIONS

- Avec cette série de millésimes allant de 1986 à 1888, Montrose a bien illustré son dicton favori: "qualité doit rimer avec longévité".

- Les années considérées comme grandes en bordelais ont confirmé: 1964, 1959, 1945, 1934, 1929 et même 1893.
Sur ces millésimes, Montrose a démontré qu'il n'est pas seulement apte au vieillissement, mais qu'il a aussi une classe remarquable et un caractère bien à lui.

- 1961 et 1937 ont "failli", mais on peut supposer que les bouteilles n'étaient pas parfaites.

- J'ai aimé la perfection du 1959, la force et le caractère du 1945, et "l'intemporalité" du 1929. Ce furent mes préférés.