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CHATEAU LA MISSION HAUT BRION 1945 (****)
Couleur rouge-rubis légèrement tuilé.
Nez très ample, racé et élégant.
Superbes arômes tertiaires.
Le bois noble accompagne les petits fruits noirs.
Le caractère bien trempé de l'époque ressort fortement.
Le vin est solidement constitué.
A l'attaque, le gras arrondit heureusement le tout, mais en finale, la masse tannique prend le dessus et donne un aspect austère.
Le vin est marqué par son terroir et par le style du millésime.
Il est impressionnant, mais il a perdu un peu de la magnificence dont avait fait preuve une bouteille dégustée en octobre 2002. |
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CHATEAU HAUT-BRION 1945 (*****)
Couleur rouge-rubis dense et brillant, superbe.
Nez complexe, très noble et fin malgré le volume impressionnant.
Fruits rouges bien mûrs et parfaits de récolte, caramel au lait, menthe, cuir...
En bouche, un monument d'une densité inouïe qui reste équilibré.
Le gras enrobe tannins, fruit et acidité jusque dans une interminable finale.
L'ouverture le rajeunit encore dans le fruit.
Vin exceptionnel, dont les fabuleuses qualités s'expriment au maximum à l'heure actuelle, et qui a la capacité de se maintenir encore longtemps à ce niveau. |
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CHATEAU LATOUR 1945 (*****)
Couleur rouge-rubis dense.
Nez très marqué par des notes empyreumatiques au départ.
L'ouverture lui rend sa race habituelle.
Aspect vanillé, avec un beau fruit rouge.
L'ensemble, très massif encore, indique bien son origine médocaine.
Le vin est "monstrueux", tant les tannins sont charpentés.
La phénoménale structure du fruit et la densité du glycérol rendent le vin épais.
Il est incroyablement long et semble taillé pour durer.
Pour ce magnum en tous les cas, les composantes ne sont pas encore suffisamment développées pour procurer tout le plaisir escompté. |
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CHATEAU MOUTON-ROTHSCHILD 1945 (*****)
Couleur rouge-rubis sombre, d'une grande profondeur, jeune.
Arômes d'une densité et d'une complexité exceptionnelles: fruits noirs mûrs et concentrés comme si on se trouvait devant le moût de la récolte, note fumée très fine, réglisse, banane sèche.
Le tout dégage un aspect de perfection absolue.
Le vin est doté d'une chair veloutée mais tonique, qui arrive tout juste à arrondir la masse tannique dantesque.
La finale révèle des tannins en pleine jeunesse et un fruit vif et frais, d'une compacité unique.
Quelle merveille, quel envoûtement... L'extrême du vin sans aucune lourdeur.
Totalement intemporel car il est impossible de lui donner un âge.
Encore en période ascendante, ahurissant!
Ce vin mérite tous les éloges que la littérature lui attribue.
Il faut préciser que le magnum dégusté avait toujours reposé dans une cave très fraîche. |
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CHATEAU LATOUR POMEROL 1947 (****)
Couleur rouge-rubis profond.
Nez très ample, voluptueux et sensuel.
Fruits compotés, figue, pruneau d'Agen, cuir, chocolat, cacao.
En bouche, le millésime et l'origine ont produit un vin charnu, souple, plein et tendre, mais cette suavité disparaît en finale pour être dominée par des tannins étonnamment stricts.
Le vin est très grand, mais on peut imaginer que son apogée a été atteinte il y a quelques années déjà.
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CHATEAU PETRUS 1947 (*****)
Couleur rouge-rubis limpide.
Nez de fruits rouges, comme à la récolte.
Superbe aspect vanillé, étonnamment jeune car les arômes tertiaires n'ont pas encore pu se développer.
L'élégance du vin est accompagnée d'un fruit vif, dense et dynamique.
Le glycérol voisine le sucre.
L'énorme volume n'empêche pas une fraîcheur peu commune de faire exploser la finale.
La rétro-olfaction est extrêmement longue.
Cette merveille n'est pas encore totalement développée.
Une bouteille dégustée en mai dernier était plus ouverte et rayonnait plus en bouche.
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CHATEAU LAFLEUR 1947 (*****)
Couleur rouge-rubis très dense et foncé.
Au nez, une nature en plein développement, exubérante et joyeuse.
Arômes très marqués de Porto et de fruits noirs comme la cerise.
On sent une récolte levée en état de surmaturation avec un potentiel d'alcool élevé.
L'attaque est parmi les plus concentrées qui soit.
Le vin est d'une richesse peu commune.
On y retrouve, non seulement la masse charnue et veloutée d'un Vintage, mais aussi l'alcool et l'acidité.
Vin intemporel.
Un monument baroque au plus haut point.
Au maximum de ses qualités, et pour longtemps encore. |
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CHATEAU CHEVAL BLANC 1947 (*****)
Couleur rouge sombre.
Arômes d'extrême densité, à devenir envoûtant.
Fruits rouges comme à la récolte: on s'imagine le nez au-dessus de la cuve en fermentation.
Le boisé vanillé et fin est encore bien présent.
La nature proche du Porto s'exprime aussi mais de manière plus complexe car l'alcool est moins marqué.
Vin de délire, avec une concentration au-dessus de tout.
Aspect nougat et crème fouettée, sucre candi, figue.
La finale est encore sur les tannins et le fruit frais.
Longueur interminable.
Un chef d'oeuvre qui doit encore attendre.
Une bouteille bue en mars 2002 possédait les mêmes qualités, mais avec un développement supérieur, vu le format. |
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Conclusion: Dégustation de l'extrême Vins de l'extrême |
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Tout ce qui a été écrit sur les millésimes 1945 et 1947 est magistralement confirmé par cette dégustation. Deux géants de styles forts différents.
L'un diaboliquement tannique, structuré et aristocratique. L'autre follement exubérant, volumineux et exotique.
1945 a produit des vins d'une densité à ce point phénoménale que les magnums de Latour et Mouton sont encore loin de leur point culminant. Pour Mouton, le terme "immortel" que j'ai utilisé dans la fiche de dégustation pour le présenter, semble bien convenir. Haut-Brion, bien que parfait en ce moment, passera les deux décennies à venir sans faiblir.
1947 a gratifié les amateurs de vins somptueusement charnus, sensuels et flamboyants. La structure des meilleurs se rapproche des 1945. Les magnums de Pétrus et de Cheval Blanc ont aussi besoin de temps pour atteindre leur plein développement. Lafleur est un cas en soi. Il prend plus de place dans le palais que n'importe quel autre vin. Il est prêt à boire, mais l'avenir lui sourit.
Dans les millésimes postérieurs, essayer de retrouver des vins qui auront une aussi grande étendue de vie semble vain. Les progrès de la médecine, depuis 1945, ont permis de rallonger sensiblement la durée de vie de l'être humain. Les progrès viti-vinicoles ont eu, semble-t-il, un effet contraire dans le domaine du vin. Cette constatation concerne uniquement l'aspect du vieillissement.
La qualité des crus et millésimes, alliée à celle des flacons, a permis de passer "Le" moment de rêve. |
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Le repas qui suivit fut à la hauteur des vins de la dégustation. |
Frédy Girardet en personne s'est mis au fourneau du Gstaad Palace
pour préparer une série de ses meilleures recettes. |