BORDEAUX MAGNUMS
CHÂTEAU DE VILLA
SIERRE
3 décembre 2007
   
CHÂTEAU PICHON COMTESSE 1989 (**)


Vin racé et noble.

Beaucoup de caractère, très tannique.

Assez strict.

Manifestement, ce magnum a subi les effets pervers d'un bouchon qui lui a fait perdre une partie de son fruit et renforcé la dureté de ses tannins.

(normalement, ce vin vaut sans conteste *****)
   
CHÂTEAU MONTROSE 1990 (*****)


Grande élégance au nez. Belle maturité de récolte.

Fruits noirs, tabac,...

Superbe vin concentré, riche, gras jusqu'à être onctueux, mais avec des tannins très musclés.

Très long.

Très grand vin avec beaucoup de potentiel.
   
CHÂTEAU CHEVAL BLANC 1995 (*)


Le malheureux magnum est légèrement bouchonné.

On devine cependant l'exubérance habituelle du Cheval Blanc.

On ressent des fruits noirs onctueux avec une belle densité.

Il semble qu'une bouteille parfaite nous donnerait déjà beaucoup de plaisir.
   
CHÂTEAU HAUT-BRION 2000 (*****)


Couleur très foncée.

Grande élégance au nez.

On y devine une récolte parfaitement saine et concentrée.

On y prend naturellement plaisir.

Vin de grande amplitude avec un superbe équilibre entre les composantes.

Les tannins sont fantastiques.

Le magnifique boisé est encore perceptible, mais on devine bien qu'il va se fondre avec la matière.

Grand sujet à attendre même si le millésime a enfanté des vins charnus et sensuels, très attrayants dès leur jeunesse.
   
CHÂTEAU MARGAUX 1986 (****)


Couleur très dense.

Nez élégant, racé et fort.

Fruits noirs.

Vin de plaisir avec une matière concentrée très développée.

Il est en même temps corsé et fin.

Il semble être au sommet de la gloire à l'heure actuelle, mais il ne va pas s'éteindre avant longtemps.
   
CHÂTEAU LAFITE-ROTHSCHILD 1986 (*****)


Ce nez aristocratique est typiquement celui des Lafite dans les grands millésimes.

La complexité est alliée à la densité: fruits noirs, iode, bois de santal....

Le vin est subtil tout autant que concentré, c'est merveilleux.

Le fruit est resté très tonique et les tannins sont d'une noblesse exceptionnelle.

Un Lafite parfait qui tiendra encore longtemps.
   
CHÂTEAU PETRUS 1989 (*****)


Couleur très foncée.

Au nez, c'est de l'essence de Pétrus.

Développement extrême des arômes de fruits comme la cerise noire et la truffe.

Cette générosité nous emplit littéralement de joie.

Vin baroque et génialement extravagant.....tout en restant civilisé.

Extraordinaire à tous les niveaux.

Je ne pensais pas retrouver dans un vin "moderne" une si grande nature.

Pour moi, il possède les fabuleuses qualités du 1964, mais son exubérance le rapproche du 1947.
   
CHÂTEAU LAFLEUR 1961 (*****)


Une sensation de perfection se dégage sans attendre du verre.

Les arômes sont d'une jeunesse incroyable vu l'âge du vin.

La densité est bien celle des 1961.

Le vin est d'une onctuosité sensuelle qui voisine le sucre.

La masse fruitée enrobe des tannins quasi "granuleux" accompagnés de notes iodées et minérales.

Longueur extrême.

Une nature extraordinairement belle.

La fraîcheur finale nous fait penser à un vin plus jeune que le Pétrus 1989.
 
CONCLUSIONS

Pour cette dégustation dédiée à l'hédonisme pur, les crus et millésimes furent choisis parmi les plus réputés. Deux éléments communs: la dimension des flacons (magnums) et la provenance des vins (Bordeaux).

Le millésime 2000 est charmeur. Tout lui a réussi. Les vins sont opulents et certainement taillés pour durer. HAUT-BRION 2000 est fantastique. Il est difficile de lui trouver un proche parent antérieur. 1961 ou 1959 peuvent seulement lui être comparés au niveau de l'onctuosité et de la richesse. Les tannins et les caractères étaient par contre bien plus marqués anciennement et l'acidité se ressentait différemment. 1989 se décline aussi sur un autre registre.

Le grand MONTROSE 1990 conserve sa carrure athlétique. Il faudrait encore l'attendre: ce cru est réputé pour sa longue garde.

MARGAUX 1986 et LAFITE 1986 poursuivent leur glorieuse carrière. Lafite a peut-être subi une prime jeunesse ombragée par le monumental Mouton. Mais sa noble naissance lui confère aujourd'hui une majesté inégalable pour moi sur ce millésime.

Il faut boire (au moins) une fois dans sa vie le PETRUS 1989: le plaisir total est assuré! Il réussi la gageure de mettre d'accord le technicien "pur et dur" et le vrai épicurien, mais aussi l'amoureux de vins anciens et l'amateur de vins jeunes plus "sur le fruit". Ce n'est pas rien!

Le LAFLEUR 1961 est issu du millésime le plus adulé, non sans raison. C'est indéniablement un vin de grande envergure.

PICHON COMTESSE 1989 et CHEVAL BLANC 1995 ont dû subir l'outrage de bouchons défectueux. Si l'on fait un calcul strict, cela donne 25% de perte sur la soirée, et encore avec des magnums! C'est rageant, d'autant plus que ce genre de problème est de plus en plus fréquent!