LES VINS ALLEMANDS
 
A mon avis, le Riesling a trouvé en Allemagne le climat et le sol qui en font ressortir une expression et un style que l'on ne peut pas retrouver sous d'autres cieux. C'est le cépage-roi de ce pays, celui qui donne peut-être les vins blancs les plus fins au monde. Ceux que je préfère sont très souvent ceux dont l'alcool se situe aux alentours de 8 à 9%. Ils proviennent aussi souvent de la Moselle-Saar-Ruwer.

Quelques Pinot Noir (appelés Spätburgunder ou Blauburgunder) m'ont époustouflé. Je suis pourtant un fervent défenseur des grands Bourgogne rouges!

Le cépage blanc Scheurebe donne parfois de grands vins, mais.....que peut-on faire contre le Riesling?

Pour bien approcher les vins allemands, il faut en connaître les catégories qui ne sont pas une échelle montante en qualité mais en potentiel d'alcool à la récolte:
- Kabinett (très léger, sec ou un peu doux)
- Spätlese (léger, sec ou un peu doux)
- Auslese (peut être très concentré, souvent doux et parfois sec, peut-être la catégorie qui donne les vins les plus parfaits)
- Beerenauslese (plus doux que le Auslese)
- Trockenbeerenauslese (appelé plus simplement TBA, très doux, au minimum le potentiel d'alcool d'un Yquem)
- Eiswein (la récolte est prise lorsqu'elle est gelée sur la vigne et elle doit atteindre au moins le potentiel d'alcool d'un Beerenauslese, mais elle atteint presque toujours celui d'un TBA) Cette catégorie est un peu à part car les vins n'ont souvent plus le caractère habituel du Riesling.
Les grands Riesling allemands ont toujours une acidité très élevée (jusqu'à 22!). Notre palais est souvent désorienté car un vin avec 15 gr/l de sucre en suspens peut nous paraître sec!

Durant assez longtemps, je n'ai pas eu l'occasion d'en déguster.
Mon premier contact, en 1988, fut assez impressionnant: on m'avait apporté un TBA du Rheingau dont je n'ai malheureusement noté le nom du producteur: toute personne ayant tenté de se familiariser avec les étiquettes allemandes me comprendra. C'était un 1976, année exceptionnelle.
Ce fut le départ d'un intérêt toujours grandissant pour ces vins: en 1991, je profitais du passage de professionnels allemands pour connaître trois crus remarquables:
- Riesling Spätlese Stettene Pulverma 1989 (***)
- Riesling Eiswein Brackenheim 1989 (***)
- Riesling TBA Remstalkellerei 1983 (****)
En 1994 chez des amis de Frankfurt: Riesling TBA Landgraflich 1976 (***)
 
01.02.1997: Riesling TBA 1989 Georg Breuer (*****)
Vin envoûtant de par une acidité "acidulée" de bonbon anglais et une douceur sublime très fine.
 
01.02.1997: Riesling TBA 1971, Hasensprung (****)
01.02.1997: Riesling TBA 1976, Hasensprung (*****) (Style classique avec des notes légèrement "pétrolées")
J'ai rebu le 1976 une deuxième fois à la fin 1997 et il m'a tout autant impressionné.
 
03.08.1997: Riesling Kabinett C. Maringer 1971 (**)
 
04.10.1997: Riesling Spätlese Karlsberg Fruhauf 1975 (***)
04.10.1997: Riesling Spätlese Rosenberg Fruhauf 1975 (**)
04.10.1997: Riesling Auslese 1976 Johann-Joseph Prüm (****)
04.10.1997: Siegerrebe TBA Haus Thiel 1975 (**)
 
21.12.1997: Riesling Auslese Clemens Freiherr 1971 (**)
 
29.12.1997: Riesling Spätlese Heinrich Müller 1991 (**)
29.12.1997: Riesling Sekt Ratzenberger Frankfurt 1994 (**)
V
in effervescent très bien travaillé, sec, vif et frais. On y retrouve le caractère du cépage et c'est intéressant.
 
17.01.1998: Pinot Noir Spätlese trocken Bergolt 1990 (**)
Premier Pinot Noir allemand qui me donna du plaisir.
17.01.1998: Riesling Auslese Peter J. Kuhn 1996 (***) (une finesse exceptionnelle)
17.01.1998: Riesling Eiswein-TBA Peter J. Kuhn 1996 (***)
 
19.07.1998: Riesling Trachbacher Taubenhaus 1937 (**)
Le type du cépage était présent et le vin avait assez bien vieilli.
19.07.1998: Scheurebe TBA Kafersberger 1977 (***)
 
15.08.1998: Riesling Spätlese St-Jost Ratzenberger 1994 (**)
 
09.05.1999: Rieslaner Auslese Keller 1997 (**)
 
01.07.1999: Riesling Beerenauslese Von Buhl 1994 (***)
 
09.11.1999: Riesling Schloss Johannisberg 1893 (***)
Vin concentré de grande tenue avec beaucoup de personnalité.
 
01.08.2000: Riesling Spätlese Weingart 1999 (***)
 
18.07.2001: Riesling Spätlese Gunderloch 1996 (**)
 
22.08.2004: Riesling Auslese Sonnenuhr Christoffel-Prüm 1971 (****)
Le Riesling allemand dans toute sa splendeur. 1971 est un millésime exceptionnel. Les notes "pétrolées" recherchées par les amateurs de ce cépage s'expriment en finesse malgré une forte personnalité. L'âge a rendu ce vin complexe et sensuel. Un grand moment, tant au niveau de la qualité que du plaisir. J'adore ce type de vin.
 
26.11.2004: Riesling Spätlese Serriger Schl. Saarstein 2003 (***) (finesse et intensité)
 
10.12.2004: Riesling TBA Scharzhofberger Egon Müller 1976 (*****)
Couleur ambre très pur. Arômes de thé noir de haute provenance, de coing confit, de massepain, de sucre candi... accompagnés d’une touche oyxdative non gênante. Ces senteurs sont symptomatiques de récoltes de maturité extrême entraînant en partie la destruction des précurseurs des arômes de cépage. Raison pour laquelle, les notes "pétrolées" du Riesling sont en retrait, trop en retrait: c’est en fait le seul grief que je ferai à ce vin. La bouche est extraordinaire de concentration. Le sucre est si dense qu’il rend le vin épais, comme si on pouvait le mâcher. L’acidité, hors norme, pourvoit à l’équilibre général de ce cru mythique. Notes de café glacé, de thé oriental, de poire écrasée... Finale fraîche avec une légère touche minérale. L’ouverture renforce son équilibre et lui rend sa perfection. Les senteurs "acidulées" et très fines du cépage ressortent enfin. Une délicatesse extrême.
Le sucre ne se ressent plus comme tel. La persistance est à coup sûr l’une des plus longues qu’il soit donné de connaître. C’est certainement le côté le plus impressionnant de ce vin phénoménal.
 
20.02.2005: Riesling Auslese Gottlemann 2003 (**)
 
01.08.2005: Riesling Spätlese Forster Jesuitengarten Von Buhl 1992 (***)
 
07.11.2005: Riesling Von Buhl 1929 (*)
P
lusieurs bouteilles de ce vin sur les millésimes 1920, 1921 et 1929 furent dégustées: aucune ne fut vraiment bonne.
02.01.2006: Riesling Auslese Serrig Würzenberg B. Simon 1990 (****)
02.01.2006: Riesling Auslese Bacharacher Hahn Toni Jost 1993 (***)
 
12.03.2006: Riesling Auslese Jesuitengarten Fr. Allendorf 1975 (**)
12.03.2006: Riesling Auslese Winkeler Hasensprung Fr. Allendorf 1990 (***)
12.03.2006: Riesling Auslese Steeger St-Jost Ratzenberger 1993 (**)
12.03.2006: Riesling Auslese Niederhauser Hermannsberger Schlossbockelheim 2004 (**)
 
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EGON MÜLLER LE MYTHE ALLEMAND

13.03.2006: CHEZ EGON MÜLLER

La dégustation est présentée par Egon Müller en personne qui nous fait découvrir ses Riesling sur le thème suivant: un millésime jeune et un plus âgé dans chaque catégorie de l'échelle allemande.
A savoir que tous ces vins titrent entre 7 et 9% d'alcool, les plus doux 5,5! Tous ces Riesling ont du sucre en suspens largement compensé par des acidités variant entre 9 et 20.

On sait que les Riesling allemands sont reconnus pour leur style "pétrolé" ou "hydro-carbure".
Egon Müller préfère que ses vins soient "minéraux" plutôt que "pétrolés". Pour lui, le côté pétrolé survient dans les années difficiles alors que le minéral le plus fin est l'apanage des grands millésimes qui ont pu mûrir lentement.

Riesling Kabinett Scharzhofberg 2002 (**) et 1990 (***): les vins sont d'une grande pureté. Les aspects plus ou moins "pétrolés" se ressentent toujours en finesse. Egon Müller produit déjà dans cette catégorie de base ("Kabinett") des vins de haut vol extrêmement agréables à boire. Ils ont un potentiel de garde impressionnant. Le 1990 dégageait ses notes minérales avec une finesse et une jeunesse étonnantes.

Riesling Spätlese Scharzhofberg 2003 (***) et 1988 (***): les vins sont un peu plus structurés et plus doux. 2003, marqué par la chaleur de l'année, est un peu souple, mais sa race en fera un grand dans le futur. Le 1988 dégage ses arômes tertiaires tout en élégance et velours.

Riesling Auslese 1999 (****) et 1976 (*****): Le 1999 possède la finesse la plus exquise que l'on puisse trouver dans un vin. Il est vif. Sa touche acidulée est un cadeau pour le palais. Le 1976 est un vin de très grande classe. Tout ce que le vieillissement peut développer de positif dans un Riesling s'y retrouve. La race et la force alliées à l'élégance. Ses merveilleuses qualités se maintiendront ainsi encore fort longtemps. Certainement le vin le plus marquant de la dégustation. Il faut dire qu'il est issu d'un des plus grands millésimes du siècle.

Riesling Auslese Goldkapsel 2004 (****): on monte avec le sucre et avec l'acidité. La finesse est à nouveau exemplaire. Le vin est marqué par une touche "acidulée" qui voisine le bonbon anglais. Quel plaisir et quelle intensité! La longueur est extrême.

Riesling Beerenauslese 1971 (****) : millésime à comparer au 1976. La minéralité s'exprime avec un caractère un peu plus austère. La douceur est bien compensée par l'acidité. Je pense qu'il est au maximum de ses merveilleuses qualités en ce moment, mais qu'il tiendra à ce niveau encore longtemps. Un très grand vin.

Riesling Eiswein 1998 (****): une folie joyeuse et extravagante pour le palais: 400 gr. litre de sucre en suspens et une acidité qui frise les 20. On pourrait se croire en train de boire le moût concentré de la récolte. Un Eiswein est un vin qui peut être extraordinaire mais qui ne représente plus les spécifités du cépage. Quelle densité dans ce 1998 de Egon Müller! On se demande dans quelle lointaine décennie il commencera à donner des signes de faiblesse.

Riesling Scharzhofberger Trockenbeerenauslese 1989 (*****): le vin le plus cher du monde vendu en millésime jeune! Les quelques centaines de litres d'un moût concentré à l'extrême ont octroyé un vin aux arômes de fruits confits (abricot), de miel, de moka, de caramel et de sucre candi. La grande douceur est balancée sans difficulté par l'acidité élevée. Il faut un certain temps d'ouverture pour que toutes les qualités se déploient au mieux. Le vin est très corpulent et charnu. Le type du cépage s'exprime un peu moins que dans les Auslese. C'est la concentration et la force absolue de ce nectar qui marquent le dégustateur. Ce 1989 n'est de loin pas au sommet de ses capacités.

Conclusions: Egon Müller représente avec son Riesling ce que représente la Romanée-Conti avec le Pinot Noir. Cette dégustation a confirmé les formidables capacités du Riesling planté dans des zones septentrionales lorsque l'on ne fait aucune concession qualitative. Ce style de vin très peu alcoolisé, d'une telle finesse accompagnée d'une minéralité aussi noble, est unique au monde pour moi.
Le fait d'avoir pu déguster ces vins chez Egon Müller est à considérer comme une chance exceptionnelle. Mais que l'on se rassure: plusieurs autres producteurs allemands mettent sur le marché des Riesling aussi passionnants et beaucoup moins onéreux que ceux du myhtique Egon Müller.

 
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30.07.2006: Scheurebe TBA Von Buhl 1994 (***)
Moins de 100 bouteilles produites, issues d'une récolte de 300 degrés oechslé. Le vin est très fin, mais d'une densité si grande que quelques goutes suffisent à imprégner le palais d'une sucrosité acidulée durant de très nombreuses secondes. Ce vin est fantastique au niveau de la qualité de récolte et de la structure, mais il marque plus par sa folie extravagante que par son équilibre. Le palais est malheureusement un peu trop vite saturé.

17.08.2006: Riesling Auslese Egon Müller 1999 (****)
Le Riesling issu du lieu mythique "Scharzhofberg" élevé par Egon Müller provoque toujours un moment gustatif quasi magique. Les doses de douceur acidulée et de minéralité s'imposent au palais avec une vigueur peu commune. Le vin est d'un autre monde avec un alcool ridiculement bas pour le profane...Mais quelle sensation de fraîcheur et de pureté!
 
25.08.2006: DEGUSTATION DE RIESLING ALLEMANDS

Deidesheimer Kieselberg Bassermann-Jordan, Palatinat, Trocken 2004
Vin délicat et léger, un peu pétillant (du gaz carbonique non gênant). Une certaine suavité le rend fort agréable. Mais le vin est sans prétention, même s'il est très pur. (12% d'alcool)
Kalkofen Bassermann-Jordan, Palatinat, 2002 (**)
Vin racé et typé, avec une minéralité fine et des fruits exotiques. Il est assez concentré et noble. Superbe équilibre et bonne longueur. (13% d'alcool)
Enkircher, Batterieberg, Mosel, 2004
Nez de fleur blanche et de coing. Le vin est un peu doux avec une acidité citronée élevée. Agréable malgré une touche de verdeur. (11,5% d'alcool)
Alte Rebe, Batterieberg, Mosel, 2004 (**)
Vin élégant et dense en même temps. Superbe douceur acidulée. Citron vert en finale. Très long et très typé. Vraiment agréable. (8% d'alcool)
Niederhauser Rosenberg Auslese, Mathern, Nahe, 2003
Nez "pétrolé" bien présent (c'est positif pour ceux qui aiment le Riesling marqué par cette minéralité). Vin assez doux que l'on voudrait plus vif. Simplement agréable. (8% d'alcool)
Urziger Wurtzgarten Auslese, Hubert Schmitges, Mosel, 1992
Nez pétrolé et racé. Le vin manque malheureusement de densité pour se montrer à la hauteur de ce que l'on avait ressenti à l'olfaction. (7,6% d'alcool)
Erdener Treppchen Auslese, Stephan Ehlen, Mosel, 1996 (***)
Grande élégance au nez avec une magnifique minéralité (pétrolée) et une forte personnalité. Vin très équilibré et long avec une acidité de bonbon anglais d'une grande finesse et une sucrosité parfaitement intégrée. Magnifique! (8% d'alcool)
Woltinger Gottesfuss Auslese, Van Volxen, Mosel, 1990
Les arômes indiquent une année très chaude et une récolte manquant peut-être de pureté. Le minéral est un peu grossier. Le vin est déjà malheureusement un peu passé. (9,5% d'alcool)
Forster Ungeheur Auslese, Basserman-Jordan, Palatinat, 1971
Nez assez "chaud": on ressent la chaleur du millésime et une récolte très mûre. Le vin est assez riche avec une minéralité un peu rustique. Même s'il est un peu doux, le vin présente une finale assez sèche et brûlée. On aurait voulu aussi plus d'acidité. (10% d'alcool)
Rausenthaler Siebenmorgen "Spätlese-Kabinett" (!?) Pieroth, Rheingau, 1959 (****)
Nez d'une délicatesse angélique et d'une pureté cristaline. Au départ, le Riesling ne se ressent que peu. L'ouverture le rend son type et accentue sa complexité. Le vin a un magnifique gras et ne manque pas de tonus malgré une acidité peu élevée pour le cépage. Grande longueur. Ce vin a gardé une jeunesse exceptionnelle.
Deidesheimer Grainhübel TBA, Basermann-Jordan, Palatinat, 1934 (*****)
Couleur ambre très foncé. Nez de caramel, de sucre candi, d'écorce d'orange confite, de raisin de Corinthe, de café frais moulu... Le sucre est aussi dense que fin. Il se marie parfaitement avec une acidité de citron confit. La densité des composantes est impressionnante. Les nombreuses impressions olfactives se retrouvent au palais. Une petite dose d'acidité volatile concentre toutes les qualités du vin. On se rapproche de très anciens Tokay. Quelle finesse! Vin exceptionnel, sans âge. (172 degrés oechslé)
Forster Jesuitengarten Auslese, Bassermann-Jordan, Palatinat, 1900 (*****)
Couleur ambre très foncé. Nez très complexe, fin et dense. Touche de caramel. La minéralité la plus noble du Riesling s'exprime magistralement. Touche d'acidité volatile pour intensifier les composantes. La douceur est encore plus élevée que dans le 1934. L'acidité fait penser à du citron vert confit qui marque le palais dès l'attaque et qui perdure dans une finale époustouflante toute de fraîcheur et de force. Vin exceptionnel, sans âge. (232 degrés oechslé) (à cette époque, on ne parlait pas de TBA)

 

09.12.2006: Ruedesheimer Apostelwein 1727 (*****)
Couleur or ambré, comme du cognac. Au nez: une dentelle raffinée avec une grande complexité. Les arômes passent tour à tour par le café, l'orange, la glycine, la violette, le confit d'abricot et les épices fines. Toutes ces odeurs qui se combinent et se succèdent sans cesse s'exhalent avec une délicatesse angélique sans manquer de densité. On n'a pas d'indication concernant le ou les cépages de ce nectar, mais une touche aromatique assez minérale pourrait faire penser à du Muscat ou à du Riesling. Le vin a une petite douceur agréable et une fraîcheur étonnante due à une acidité "acidulée" de bonbon anglais très élevée. On ressent la touche boisée et la concentration d'alcool attribuables à la très très longue garde en tonneau selon la méthode "solera". Il ressemble même un peu à un Oloroso. Mais, étonnamment, l'oxydation est vraiment peu marquée. La persistance est très longue.
Vin extrêmement captivant de par ses nombreuses qualités, ses arômes et goûts originaux, ainsi que de par la période qui l'a vu naître: Bach composait et Mozart n'était pas encore né.
Cet Apostelwein de 1727 a étonné tous les convives qui ne s'attendaient pas à boire un vin si vieux en aussi bonne forme. Les rares échos provenant de dégustateurs l'ayant déjà bu nous laissaient présager un vin fantôme à respecter surtout pour son grand âge. Ce ne fut de loin pas le cas. Nous sommes tombés sur une grande bouteille: quelle joie!

 
26.12.2006: Spätburgunder Philipp Kuhn (Pfalz) 2004 (****)
L'allemagne est tout à fait capable de produire de très grands Pinot Noir. Le vin de ce jeune producteur le prouve. Les arômes révèlent une superbe maturité de récolte sans qu'on ressente une moindre lourdeur ou un manque de fraîcheur. La race est aussi bien présente, au nez comme en bouche. Le vin est équilibré et structuré. La finale n'est pas sans rappeler certains grands terroirs de Bourgogne.
 
02.01.2007: Weisser Burgunder Freyburg Pawis 2005 (****)
Certainement le meilleur Pinot Blanc que j'aie goûté. Pureté, finesse, densité, minéralité. Un véritable plaisir.
 
Juillet 2007: MAGNUM RIESLING AUSLESE EGON MÜLLER 1999 (*****)
La finesse personnalisée! Le vin est envoûtant. Sa sucrosité est alliée à une acidité "acidulée" d'une densité extraordinaire. Le plaisir est intense du début à la fin. Très grand moment. A la dégustation, on pense que ce vin possède environ 20 gr/l de sucre résiduel. En réalité, il en a plus de 120!!! C'est tout simplement génial.
 
Octobre 2007: RIESLING AUSLESE SONNENHUR 1975 CHRISTOFFEL-PRÜM (****)
L'âge a développé parfaitement les notes minérales denses et fines du Riesling. La douceur ne se ressent pas comme telle: c'est plutôt une suavité qui enrobe la superbe acidité du vin. Très long et équilibré. Finesse et race.
 

Novembre 2007
RIESLING SPÄTLESE SCHARZHOFBERGER BISCHÖLICHER TRIER 2005 (****)
RIESLING SPÄTLESE FÜRSTENBERG FLORIAN WEINGART 2006 (****)
RIESLING AUSLESE FORSTER UNGEHEUR VON BUHL 2001 (****)
Trois vins de finesse avec une douceur angélique compensée par l'acidité que seuls les grands Riesling allemands possèdent.

 
6 décembre 2007: RIESLING TBA WINKELER HASENSPRUNG
LANDGRÄFLICH HESSISCHES WEINGUT 1976
(****)
Couleur étonnamment ambrée. Nez de thé noir et de crème brûlée. De la fine dentelle avec une touche minérale. Vin dense avec une acidité fraîche élevée qui compense largement le sucre. La finale est marquée par un "acidulé" qui tient longtemps le palais en éveil.
 
27 décembre 2007
RIESLING KABINETT TRITTENHEIMER ALTÄRCHEN 1971
WEINGUT MARINGER, MOSEL (**)
Nez encore très frais. Belle délicatesse. Touche minérale. En bouche, le vin est assez simple et un peu court. Le peu d'alcool n'arrive pas à soutenir les arômes et les goûts. Son principal atout est d'avoir gardé une grande fraîcheur malgré ses 26 ans. L'ouverture le rend de plus en plus agréable.
RIESLING SPÄTLESE FORSTER MARIENGARTEN 1981 DR. DEINHARD, RHEINPFALZ (**)
Nez agréable avec de l'élégance. Notes de fruits confits, de champignons et d'herbes aromatiques. Vin rond, "féminin", avec beaucoup d'onctuosité. La densité est moyenne. Etonnamment tendre pour un Riesling.
RIESLING SPÄTLESE WEHLENER SONNENUHR 1991 JOH. JOS. PRÜM, MOSEL (***)
Très grande pureté aromatique. Le cépage ressort en finesse avec une touche acidulée de citron glacé. Le vin est assez dense. Le sucre est parfaitement intégré. La finale est vive et citronnée.
RIESLING SPÄTLESE SCHARZHOFBERGER 1996 EGON MÜLLER, MOSEL (****)
Nez fin, noble et racé. Le cépage ressort parfaitement dans toute sa complexité. Touche subtile de bonbon anglais acidulé. Le vin est équilibré et tonique. Les composantes sont pures mais elles s'expriment avec une certaine retenue. Malgré son âge, il est encore un peu figé par le SO2.
RIESLING AUSLESE WEHLENER SONNENUHR 1976 CHRISTOFFEL-PRÜM, MOSEL (****)
Nez de récolte très mûre issue d'une année chaude. Belle élégance. Touche champignonnée avec des abricots confits et de l'écorce d'orange. Vin équilibré et volumineux. Le fruit reste dense sur toute la longueur de bouche. L'âge lui confère une finale marquée par un beau minéral. Superbe tenue.
RIESLING AUSLESE SERRIG WÜRTZBERG 1996 BERT SIMON, MOSEL (****)
Nez d'eau-de-vie de poire avec un bel acidulé de bonbon anglais. Le minéral assez marqué va jusqu'au célèbre côté "pétrolé" du cépage que certains recherchent et que d'autres rejettent. S'y rajoute une touche lieuse qui renforce le caractère marqué du vin. La bouche est très concentrée avec une superbe douceur de sucre candi et une acidité très élevée qui rend le vin vraiment nerveux. La finale redonne bien les notes rustiques de lie et d'hydrocarbure. La longueur est extrême.
RIESLING AUSLESE 122 MAXIMIN GRÜNHÄUSER ABTSBERG 2003
SCHUBERTSCHES WEINGUT, MOSEL (****)
Nez tout en dentelle. On ressent du jus de pomme mêlé à du kiwi. Le type ressort encore très peu à cause de la jeunesse du vin. Le vin procure naturellement un immense plaisir. Sa grande douceur est accompagnée par une acidité si élevée qu'elle affole littéralement les papilles gustatives. Grand vin encore beaucoup trop jeune.
RIESLING AUSLESE SCHARZHOFBERGER 2005 VAN VOLXEM, MOSEL (*****)
Nez d'une pureté exceptionnelle avec une grande densité. Le bonbon anglais acidulé extrêmement fin commence à être accompagné par la minéralité typique du cépage. L'âge renforcera son caractère. Le vin retransmet parfaitement les qualités énormes devinées à l'olfaction. La densité s'exprime avec une grande force mais sans aucune lourdeur. La finale est marquée par la minéralité des plus beaux terroirs. La longueur est interminable.
RIESLING AUSLESE MÜNSTERER RHEINBERG 2004 GÖTTELMAN, NAHE (*****)
Nez typé au possible. On y ressent un jus extrêmement concentré de toutes sortes de fruits confits avec un acidulé parfait. Le vin est d'une densité exceptionnelle et d'une longueur infinie. La quantité de sucre en suspens doit être très élevée. Cependant, la subtile douceur ressentie est fondue dans une merveilleuse acidité qui doit atteindre un niveau hors norme. Ce vin possède un potentiel de vieillissement énorme.
RIESLING BEERENAUSLESE BOPPARDER HAMM MANDELSTEIN 2001
WEINGUT MÜLLER, MITTELRHEIN
(***)
Nez racé et typé. On y retrouve du miel avec des fruits confits. La touche minérale du cépage apparaît aussi. Le vin semble un peu alourdi par une douceur que n'arrive pas à équilibrer l'acidité. La récolte de base semble pourtant devoir lui promettre une évolution positive.
RIESLING TROCKEBEERENAUSLESE WINKELER HASENSPRUNG 1971
LANDGRÄFLICH HESSISCHES WEINGUT, RHEINGAU
(*****)
Nez tout en finesse et très complexe. On y retrouve des raisins de Corinthe, du thé noir, du café, du malt... La belle touche acidulée du cépage est aussi présente. Le vin est resplendissant à l'heure actuelle. Son équilibre est remarquable. Les composantes sont parfaitement fondues. L'âge lui confère des notes tertiaires vraiment agréables. La longueur de bouche prouve aussi le grand vin.
 
31 décembre 2007
RIESLING AUSLESE BRAUNEBERG JUFFER-SONNENUHR 1994, FRITZ HAAG, MOSEL (***)
Le cépage ressort bien avec un remarquable équilibre acide-sucre.
 
Janvier 2008
RIESLING SPÄTLESE NIEDERHÄUSER HERMANNSHÖHLE 2003, MATHERN (****)
RIESLING AUSLESE ENGEHÖLLER BERNSTEIN 1998, LANIUS-KNAB (****)
RIESLING AUSLESE PIESPORTER GOLDTRÖPFCHEN 1990, GRANS-FASSIAN
(****)
 

Février 2008
RIESLING AUSLESE BRAUNEBERGER JUFFER SONNENUHR 2001
FRITZ HAAG, MOSEL
(****) (7,5%)
Nez un peu discret mais d'une extrême finesse. Le vin est fruité et dense. La douceur est parfaitement intégrée. Très long.
RIESLING EISWEIN 1985 MARIA TYRELL, MOSEL
EITELSBACHER KARTHÄUSERHOFBERG KRONENBERG
(****)
Couleur or un peu ambré. Nez très délicat, sur les abricots secs et le litchi. Vin de dentelle. La douceur doit être élevée mais la sensation sucrée est atténuée par la très haute acidité. La densité est moyenne mais l'équilibre est parfait. La finale tire sur l'orange sanguine et l'amertume de son écorce. L'ouverture amplifie ses qualités.

 
Avril 2008
RIESLING SPÄTLESE SCHARZHOFBERGER BISCHÖFLICHER TRIER 2005
(**)
Nez floral, très délicat avec la petite touche minérale du cépage. Vin fin et vif. La douceur est équilibrée par l'acidité. La densité est moyenne. Il y a un peu de gaz carbonique. Il fait penser à du jus de fruit frais. (8,5%)
RIESLING AUSLESE GRAACHER-HIMMELREICH MAX FERDINAND RICHTER 2002 (****)
De la race et du caractère au nez, tout en restant élégant. Vin typé et complexe. L'équilibre est parfait. Touche minérale splendide. La finale acidulée, longue et dense est marquée par un aspect mentholé. (8%)
RIESLING AUSLESE (FUDER 6) BRAUNEBERG JUFFER-SONNENHUR FRITZ HAAG 1998 (***)
Nez typé dans l'élégance, avec la touche "pétrolée" sans excès. On devine une récolte en surmaturité. Le vin est doux à l'attaque. La finale est quasi sèche et reste tendre. (7,5%)
RIESLING AUSLESE NIEDERBERG HELDEN SCHLOSS LIESER 1993 (***)
Le nez est vraiment "pétrolé", trop pour certains dégustateurs. Le vin est assez équilibré. La finale retrouve les notes pétrolées senties à l'olfaction avec un aspect lieux et du zeste de citron. Pour les amateurs de vins à forte personnalité. (7,5%)
RIESLING KABINETT SCHARZHOFBERGER EGON MÜLLER 1999 (***)
Nez en finesse: c'est de la pure dentelle. La densité est moyenne. Vin au fruité fin et équilibré avec une légère douceur. On sent une qualité de récolte parfaite pour la catégorie Kabinett. (7,5%)
RIESLING SPÄTLESE SCHARZHOFBERGEF EGON MÜLLER 1999 (****)
Nez du Riesling idéal avec des fines touches florales et fruitées rehaussées par une superbe minéralité. Le vin est pourvu d'un équilibre exceptionnel, tout en fraîcheur. L'acidité tire positivement sur le bonbon anglais. (8%)
RIESLING AUSLESE SCHARZHOFBERGER EGON MÜLLER 1999 (*****)
Les qualités du Spätlese précédent se retrouvent dans ce vin, mais on monte encore dans la densité et la persistance. Finesse, complexité, structure, terroir....etc. De l'attaque jusque dans l'interminable finale, la douceur ne fait que d'enrober la géniale acidité. C'est un grand vin maintenant, mais son point culminant est dans le futur. (8%)
 
Avril 2008: RIESLING BEERENAUSLESE NIERSTEINER KEHR F.-K. SCHMITT 1946 (***)
Vin typé et fin, sur les notes minérales aromatiques. La douceur est modérée et l'acidité suffisante pour procurer une belle fraîcheur finale. On devine un alcool assez faible.

Juin 2008: RIESLING (?) SCHLOSS VOLLRADS 1952 (***)
Nez délicat et fin avec une touche aromatique et un beau minéral. Vin rond et charnu dans lequel on ressent l'alcool peu élevé. La longueur est moyenne. Pour apéritif.
 
Août 2008: RIESLING AUSLESE 2006 MONZINGER EMRICH-SCHÖNLEBER NAHE (*****)
Le type du cépage ressort avec le minéral marqué mais en finesse. La densité du fruit est alliée à une acidité "acidulée" de pomme verte ou de citron vert confit. La longueur est marquante.
 
Février 2009
RIESLING SPÄTLESE MONZINGER HALENBERG 2006 EMRICH-SCHÖNLEBER
(NAHE) 12,5%. (***)
Vin très équilibré avec le minéral du cépage plutôt en finesse. Malgré ses 12,5% d'alcool, il a une petite douceur qui passe très bien. Vin agréable maintenant.
RIESLING SPÄTLESE OBERHÄUSER BRÜCKE 2006 DÖNNHOFF (NAHE) (8,5%) (*****)
La finesse même. On y ressent plus une douceur acidulée d'une grande élégance qu'un minéral "pétrolé". La densité est particulièrement étonnante pour un vin qui ne titre que 8,5% d'alcool. La longueur indique le grand vin. On devine un certain potentiel, mais le consommer aussi jeune est un véritable moment de plaisir.
RIESLING "IM GROSSEN GARTEN" TROCKEN 2005 PHILIPP KUHN (PFALZ) (13,5%) (****)
Je suis peu habitué aux Riesling allemands secs avec autant d'alcool. Celui-ci m'a vraiment plu par la pureté de son fruit et par son caractère minéral d'une grande finesse. L'équilibre est vraiment parfait.
 
Avril 2009: RIESLING TBA NIERSTEINER KEHR 1945 FRANZ KARL SCHMITT (*****)
Couleur très ambrée. Les arômes du cépages se ressentent. Ils sont accompagnés par des notes de nougats, de gingembre et de cidre. La bouche est surprenante au départ car l'alcool doit être assez faible. Le vin est très dense et sans lourdeur. L'acidité très élevée est enrobée par le volume du fruit et par le sucre. L'ensemble est très équilibré. Il s'améliore encore à l'ouverture. Très grand vin du style qui est encore en parfaite condition à l'heure actuelle.
 
mai 2009
RIESLING AUSLESE PIESPORTER GOLDTRÖPFCHEN 1976
BISCHÖFLICHER TRIER
(****)
Grand vin parfaitement équilibré avec une petite douceur charmante. La classe du cépage ressort bien avec sa petite touche minérale un peu "pétrolée", mais tout en finesse. L'âge ne l'a pas amoindri.
L'alcool se situe entre 8 et 9%.
RIESLING AUSLESE HERXHEIMER SOMMERSEITE 1952
GABEL-PETH, RHEINPFALZ
(***)
Très agréable vin avec une petite rondeur bienvenue. L'âge lui a apporté de belles notes tertiaires, sans excès. La structure est remarquable.
 
Septembre 2009: RIESLING AUSLESE "BOPPARDER HAM FEUERLAY" 2006 (****)
MATTHIAS MÜLLER, MITTELRHEIN (8%)
Le typique Riesling allemand, avec les notes minérales qui commencent à se développer "comme on aime", malgré la jeunesse du sujet. Le palais est "envoûté" par la fine douceur de bonbon acidulé et "excité" par la très haute acidité du vin. Le vieillissement lui sera bien entendu favorable.
 
Octobre 2009: RIESLING AUSLESE ERDENER PRÄLAT DR LOOSEN 2004 (****)
Un Riesling comme j'aime, à 7,5% d'alcool. Le type du cépage ressort avec ses notes "pétrolées" élégantes et fines.
La douceur "retenue" du vin est compensée par une acidité citronnée et mentholée. Il est dense et pur. Il va bien entendu encore développer plus de complexité et d'élégance avec les années. Il est suffisamment structuré pour y parvenir.
 
Mai 2010: RIESLING BEERENAUSLESE WORMSER LIEBFRAUENMORGEN
FERD
. PIEROTH RHEINHESSEN 1975 (****)
Le temps a développé des arômes tertiaires des plus intéressants. L'aspect minéral-acidulé est parfait. Le sucre est parfaitement intégré. L'acidité finale est bien celle des grands Riesling allemands.
 
Septembre 2010
RIESLING AUSLESE BOPPARDER HAMM FEUERLAY
MATTHIAS MÜLLER MITTELRHEIN 1996
(****)
Grand Riesling de terroir avec une douceur fine équilibrée par l'acidité.
 
Octobre 2010
RIESLING AUSLESE BOPPARDER HAMM FEUERLAY
MATTHIAS MÜLLER MITTELRHEIN 2009
(*****)
Une sorte de perfection du Riesling. Finesse et matière.

(même note sur une autre bouteille en mars 2011)
 
Janvier 2011: RIESLING BEERENAUSLESE REILER MULLAY-HOFBERG
MELSHEIMER, MOSEL 2005
(****)
Splendide vin très doux mais équilibré par une acidité "acidulée" du plus bel effet.