AUSTRALIE |
L'Australie produit des vins rouges que j'aime beaucoup. Ils sont bien entendu riches et concentrés. Mais les meilleurs, souvent issus de très vieilles vignes, ont un potentiel de garde fantastique et peuvent se montrer d'une grande élégance (si on leur laisse le temps de mûrir durant un certain nombre d'années). Le sommet de la hiérarchie n'a certainement rien à envier aux meilleurs crus européens, même si le style est différent. |
*********************************************** |
WOLFF BLASS BLACK LABEL |
*********************************************** |
GRANGE HERMITAGE PENFOLDS |
C'est le vin de référence en Australie. Le mythique Max Shubert l'a vinifié pour la première fois en 1951, mais 1952 fut le premier millésime officiellement commercialisé. Il fut nommé "Grange Hermitage" jusqu'au millésime 1989, et depuis 1990 simplement "Grange". En Australie, le terme Hermitage est synonyme de Syrah et c'est bien entendu ce cépage qui compose majoritairement ce cru, du Cabernet-Sauvignon pouvant y être rajouté à très faible proportion. |
Le Grange est toujours un vin musclé qui m'a paru trop puissant et peu distingué pendant des années, jusqu'à ce que j'en déguste des millésimes de plus de dix ans. C'est alors que je me suis rendu compte que ce cru a besoin, comme le voulait son créateur, de plusieurs années pour dévoiler ses fameuses qualités. Avec le temps, il s'affine comme par enchantement et sa chair voluptueuse déploie ses charmes avec une certaine élégance et une grande race. Le cépage ne se ressent plus de manière marquée, c'est plutôt un cru dominé par sa propre personnalité. |
Novembre 1994: GRANGE HERMITAGE 1984 (****) Robe très sombre. Nez puissant, cuir, réglisse, cerise noire, menthe, boisé présent. Vin très riche, d'une énorme concentratiopn, beaucoup de gras, cacao, chocolat. Extravagant et impressionnant. Le grand vin d'Australie certainement. Mars 1997: GRANGE HERMITAGE 1983 (****) Très riche au nez déjà, poivre, fruits noirs, cuir, complexité. Vin de caractère empyreumatique, tout en puissance. Mars 2002: GRANGE HERMITAGE 1976 (*****) C'est le millésime qui m'a le plus marqué pour l'instant. Il faut dire que ses 26 ans lui procuraient une maturité et un développement exceptionnels. Mai 2002: GRANGE 1995 (****) C'est certainement un très grand Grange, mais ses composantes ne sont de loin pas encore bien mariées. Avril 2003: GRANGE HERMITAGE 1980 (*****) Couleur rouge-noir, sans aucun aspect "tuilé". Nez flatteur et volumineux. On y trouve du nougat, des fruits noirs pratiquement confits et des épices orientales. Il demeure élégant malgré tout ce déferlement de puissance. Le vin est doté d'un volume impressionnant, toutes les composantes sont concentrées, mais on n'y ressent étonnamment aucune lourdeur! Cela est certainement dû à l'âge, qui a "civilisé" sa forte nature. Plaisir intense du début à la fin. Février 2005: GRANGE HERMITAGE 1986 (****) Nez très élégant et agréable. Le vieillissement est positif. Le fruit est bien présent et se donne sur la griotte au kirsch. La bouche est soyeuse et riche, avec de superbes tanins. L'équilibre des composantes est remarquable. La typicité de la Syrah est bien là, mais elle est dépassée par la qualité intrinsèque du vin. Ce Grange est maintenant en plénitude, tout en étant capable de défier encore les années. Très grand vin. Octobre 2007: GRANGE PENFOLDS 1997 (***) Couleur très sombre. Nez volumineux. Fruits noirs compotés, bois oriental. Le vin est quasi doux. Il est aussi concentré et fort, avec des notes de réglisse et d'eucalyptus. Vin de puissance extrême qui manque un peu de complexité et de noblesse, en tous les cas à l'heure actuelle. On sait que l'âge a toujours été positif sur ce cru renommé. Novembre 2007: GRANGE PENFOLDS 1987 (****) Nez présentant un vin de forte personnalité. Sur les fruits noirs, le bois doux, la terre noire avec une belle minéralité. Vin concentré dans les fruits comme dans les tannins. Gras et vif en finale. Grand sujet. Février 2008: GRANGE HERMITAGE 1985 (****) Au nez, l'extrême ouverture des arômes nous fait entrer dans le baroque. Les fruits noirs très mûrs font penser à du sirop de cassis. Le vin est concentré et riche. C'est une masse encore un peu lourde et mal équilibrée. Par contre, plus le temps passe, plus on entrevoit le grand potentiel de ce cru réputé de longue garde. Il est vrai que l'âge lui a toujours été bénéfique. Le futur parlera évidemment en sa faveur. Septembre 2009: GRANGE HERMITAGE PENFOLDS 1963 (*****) Une révélation! La couleur est d'un rouge-noir très dense. Les arômes très développés sont d'une ampleur extraordinaire. La complexité s'exprime sur toutes sortes de registres: fruits noirs, tabac, cuir, épices nobles, iode,... La race et la finesse se marient parfaitement. La bouche est une vague sensuelle et charnue d'une densité incroyable, mais sans aucune lourdeur. La longueur est interminable. La base de ce vin est impressionnante. Les années lui ont apporté l'équilibre et la complexité. Ce cru a toujours eu besoin de temps pour se débarasser de son embonpoint initial et de son aspect rustique. Ce Grange de 46 ans en est la plus belle preuve. Il ressemble beaucoup aux plus grands Pomerol de 1947 ou 1961! Il a, pour moi, surclassé nettement un magnum de Mission Haut Brion 1955 dégusté juste avant. Octobre 2010 GRANGE PENFOLDS 1997 (*****) Je n'imaginais pas qu'un Grange si jeune puisse se livrer aussi grandiosement. C'est un vin équilibré bien que puissant. Il redonne exactement le type que j'aime dans les meilleures Syrah des Côtes du Rhône. GRANGE PENFOLDS 1995 (****) Un Grange habituel avec sa puissance et sa force. Le fruit est concentré autant que les tannins. Il est impressionnant de par sa constitution, mais le temps ne l'a pas encore rendu vraiment harmonieux. Avril 2011: GRANGE PENFOLDS 1995 (****) Un superbe Grange dans le style habituel. A attendre, même si son fruit est exubérant en ce moment. |
-------------------------------------------------------------- |
PORTO GRANDFATHER PENFOLDS (****) Penfolds produit aussi un très grand vin de style Porto dont il n'a absolument rien à envier: le GRANDFATHER. Je pense ne pas trop m'avancer en disant que c'est le meilleur vin de cette catégorie en Australie. C'est une sorte de Tawny très âgé d'une subtilité aussi grande que sa concentration. La douceur est parfaitement intégrée à l'alcool. Janvier 2004: PORTO GRANDFATHER PENFOLDS 1945 (***) Peut-être était-ce une bouteille pas parfaite, mais ce Vintage m'a moins marqué que le Tawny Grandfather. |
*********************************************** |
COONAWARRA PETALUMA Le vignboble de Coonawarra est situé dans le sud australien, vers Adelaïde. La maison Petaluma produit toujours d'excellents vins à un prix qui reste abordable. Le Cabernet Coonawara est assez structuré sans atteindre la lourdeur de certains autres vins. Le Chardonnay est typé et frais. Le gras ne va pas trop loin et la finale reste fraîche. Novembre 1987: CHARDONNAY PETALUMA 1984 (***) Janvier 1998: CHARDONNAY PETALUMA 1996 (***) Mars 1989: CABERNET COONAWARRA PETALUMA 1985 (****) Mars 1990: CABERNET COONAWARRA PETALUMA 1982 (****) |
*********************************************** |
ASTRALIS CLARENDON HILLS D'origine ukrainienne, Roman Batasiuk arrive avec ses parents au Australie en 1950. En 1989, il acquiert Clarendon Hills, un domaine constitué de vieilles vignes de Grenache, Merlot, Cabernet-Sauvignon et Syrah. Il s'impose rapidement comme un vinificateur de haut vol. C'est la France et sa philosophie du terroir qui sert de référence au style de vins que Roman Bratasiuk produit dans la région de Mc Laren Vale, à 40 km d'Adelaide, dans le sud de l'Australie. Les vins de Clarendon Hills sont ensemencés à l'aide de levures indigènes, élevés dans une cuverie climatisée, puis vieillis durant 18 mois sur lies en fûts de chêne français 100% neufs, avant d'être mis en bouteilles sans collage ni filtration. Le vin-phare de la maison se nomme ASTRALIS, une cuvée de Syrah produite sur des vignes de 70 ans aux rendements ridiculement faibles de moins de 30 hl/ha. |
Cette Syrah fait partie des grandes de ce monde... du moins certaines années car j'ai constaté de grosses différences lors d'une dégustation sur plusieurs millésimes. Dans les meilleurs cas, c'est un vin suffisamment grand pour mettre au second plan la notion de cépage au profit de la personnalité. |
*********************************************** |
Novembre 2007: HILL OF GRACE HENSCHKE 1998 (***) Vin fort, corsé, puissant, très bien suivi à tous les niveaux. Février 2008: HILL OF GRACE HENSCHKE 1985 (**) Nez pour le moins "nature". On y ressent de manière bien marquée le cuir mouillé et la ménagerie. C'est assez rustique. La bouche est un peu lourde et simple. Le fruit semble trop mûr de récolte, bien que très concentré. Décevant par rapport à son rang. Etait-ce vraiment une bouteille parfaite? Avril 2010: HILL OF GRACE HENSCHKE 1996 (*****) Couleur rouge très foncé tirant sur le noir. Grandes ampleur et élégance au nez. Au fruit extrêmement mûr, se rajoutent des notes de caramel et de nougat. Vin charnu au possible, quasi doux à l'attaque. Le glycérol enrobe voluptueusement le fruit très riche et très concentré. L'interminable finale est étonnamment fraîche. La puissance ne rend pas le vin trop lourd grâce à la concentration de base. Vin impressionnant. |
*********************************************** |
DE BORTOLI J'aime beaucoup les vins blancs liquoreux de cette maison fort connue de la Riverina dans le Sud-Est de l'Australie. Cette région jouit d'un climat particulièrement favorable à la botrytisation. Jusqu'en 1988, elle nommait son vin liquoreux "Sauternes"! Et oui! Ecartant la production du 1989, elle continua avec la dénomination "Noble One" pour les millésimes suivants. Le cépage est le Sémillon. Ce liquoreux qui était en quelques sorte "hors la loi" quant à l'appellation "Sauternes", s'en rapproche fortement au niveau des arômes et des goûts. Août 2000: SAUTERNES DE BORTOLI 1985 (****) La maison De Bortoli semble aussi être la seule au monde à produire un RARE DRY BOTRYTIS SEMILLON. La récolte est levée lorsque l'attaque du botrytis atteint environ 50% des raisins et que le potentiel d'alcool oscille etnre 13,5 et 15 degrés. Il peut rester jusqu'à 10 gr/l de sucre résiduel que l'on ne ressent pratiquement pas à la dégustation. Juin 2006: RARE DRY BOTRYTIS SEMILLON DE BORTOLI 1996 (****) Vin déroutant, c'est le moins que l'on puisse dire. Les arômes rappellent bien le raisin rôti par la pourriture noble, avec des notes de miel, de fruits confits de citron vert et de fleurs des champs. La complexité est vraiment remarquable. On est surpris au palais de retrouver un vin quasi sec alors que l'on s'était imaginé tout autre chose. La bouche est riche et voluptueuse. Il semble y avoir aussi un petit côté oxydatif pas du tout gênant. Le vin est plutôt gras que doux. Un vin à découvrir qui risque de plaire à beaucoup. |
*********************************************** |
Décembre 2007: TOKAY SOLERA BULLER AUSTRALIE (****) Couleur ambrée. Nez d'eau-de-vie de reine-claude et de pomme, très riche. Vin crémeux d'une énorme densité. Superbe acidité finale. Très marqué par l'alcool mais équilibré car tout est concentré. (vin renforcé à 18% d'alcool, cépage: muscadelle) |
*********************************************** |
Juillet 2008: BURGUNDY BIN 4703 LINDEMANS 1972 (***) Un Pinot Noir australien d'une époque bien différente de celle que l'on connaît à l'heure actuelle. La nature de base domine. Le vin est d'une forte personnalité. Il est corsé et concentré, mais pas lourd. Il ne pourra plus s'améliorer, mais il donne encore bien du plaisir. |
*********************************************** |
Mars 2011: RIESLING BOTRYTIS VASSE FELIX 1999 (****) Nez un peu mentholé avec du caramel et du biomalt. Vin très doux avec une acidité suffisante pour assurer l'équilibre. L'aromatique un peu minéral du cépage se ressent positivement. Très long. |
*********************************************** |
| NOUVELLE-ZELANDE |
Je ne connais pas bien les vins de ce pays et je dois avouer que j'en bois assez peu....Non pas par manque d'intérêt, mais par manque d'occasions. |
Février 2008: RIESLING BEERENAUSLESE 2001 WEINGUT FROMM (****) (7,5%) Nez très typé et fin. La touche minérale des Riesling allemands est présente... la dose de SO2 aussi! Le vin est fruité, pur, dense, fin et long. Superbe. |